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vendredi 3 mars 2023

René Binamé et Les Roues De Secours - (1988) René Binamé et Les Roues De Secours EP



En 1988, le punk est loin. L'intelligencia se régale de post-punk en tout genre puisque, enfin, on peut lui coller une légitimité. Le hardcore anime les pogos. Etre punk, ça n'était plus vraiment cool. En fait, ça ne l'a jamais vraiment été. C'était marrant pour choquer les mère en cache-poussière mais on est passé à autre chose. Trop tôt pour le label culte, trop tard pour être à la mode. Mais Olivier Binamé, il vient de Dinant où il partage le désœuvrement de la vie populaire, il s'est farci trop de catéchisme toute sa jeunesse, ses idoles mettent les pieds dans les plats ou dans la gueule et, surtout, n'ont jamais été foutu de lire une partition. Parfait : alors c'est possible.

Sous le patronyme de René Binamé et entouré de ses roues de secours, il balance dans un DIY et un semi-amateurisme assumé un premier six titres auto-titré de treize minutes, parce qu'il n'en faut pas plus pour raser tout azimut. Sous couvert d'anarcho-punkisme, ils se paient le scalp d'à peu près tout ce qui porte un insigne ou un chapeau, sur un ton léger qu'on classera (trop) vite en humouristique. Comprenez, ce premier titre, L'Opium Du Peuple, ne pourrait pas être plus Ludwig Von 88 si les parisiens l'avaient écris eux-mêmes. La pilule Dalida et sa cavalcade de basse offre un premier texte typiquement binaméins, c'est à dire à la fois amusant et absurde, potache et décomplexé. Un peu comme Jésus Sur Sa Croix qui relate, d'abord en clair puis en saturé, les affres des attributs de notre sauveurs à tous. A la limite du mauvais goût, le groupe se sauve en brandissant son second degré et son je-m'en-foutisme goguenard. Premier grand tube des Binamé, La Moustache, ritournelle anti-maréchaussée qu'il est bien difficile de se retenir de connaître par cœur pour la reprendre a tue-tête au moindre contrôle routier.

Après une interpretation punkisée de L'Internationale, évidemment, qui ouvrira la porte à un futur album fumeux de reprises (vous verrez, j'arrive), le groupe nous indique avec fureur que C'Est Fini (déjà). Avec ce premier EP, les wallons y mettent un peu toutes leurs formules favorites avec fraicheur et authenticité et marque le début de leur longue aventure et celle de leur label Aredje, avec l'aide, l'énergie et la bonhommie de l'ami Marcor (qui est drôlement fort).

B
(c'est pas la crête qui fait le punk, c'est la moustache, c'est la moustache...)

mardi 31 janvier 2023

Noir Désir - (2020) Débranché


On n'attendait plus vraiment une sortie de Noir Désir. Peut-être qu'on s'en foutait un peu. Vu qu'il était impensable de voir émerger des titres inédits, on pouvait toujours s'attendre à des bandes perdues, des chutes de studio,... Le problème, souvent, c'est que si on n'a pas trouvé ça une super bonne idée de le sortir avant, c'est que ça en est peut-être pas une... Ou alors des prestations en publique. A quand un gig complet datant de la tournée 666.669 Club ? Au final, Barclay nous monte un album acoustique. Pourquoi pas. Vu qu'à priori le vinyle a la cote et que les gens sont près à payer n'importe quoi si ça a l'air collector, autant sortir non pas un vinyle, mais deux vinyles : pas un 45 ou un 33, les deux.  

Sur le 45t est gravé l'enregistrement du passage du groupe à l'émission Much Electric, à Buenos Aires en 1997 durant la tournée 666.669 Club (bah, tiens). Et le son est assez misérable... Problème d'ingénierie ? De budget lors de l'enregistrement ? De conservation des bandes ? C'est dommage, surtout que la participation d'Ákos Szelevényi, saxophoniste hongrois, ayant déjà participé à l'album imprononçable su-nommé, est remarquable. On se consolera en se disant que des cuivres et un son parasité, ça fait vintage. Sans rire, bien qu'un véritable cachet s'en dégage, ça reste étrange et même douteux de fournir une telle qualité acoustique sur un enregistrement professionnel, enregistré en 1997, distribué en 2020. Bref, qu'en est-il des prestations ? Un Jour En France, où le saxophone virevolte, passe l'exercice de style assez facilement. Fin de siècle, peut-être le plus scarifié par sa qualité sonore, reproduit une ambiance particulière, plus spleen, plus mélancolique, plus désespérée. Choix intrigants, Song For JLP, n'est plus cette hidden track bizarre mais un titre country aux effluves éthylique et Back To You, une très bonne face-b, est joué avec énergie, fraîcheur et réussite. En résumé, la talent transfigure la technique. 

Quand le diamant vient se coller sur le sillon du plus large des deux disques, on ne peut-être tout à fait préparer à ce que l'on va entendre. Vous avez déjà eu la chaire de poule à l'écoute de Si Rien Ne Bouge ? Vous n'imaginez pas. La version immortalisé à la radio milanaise en octobre 2002 est un véritable joyau, de ceux qui cristallisent les émotions les plus fortes, qui font briller chaque instruments de la manière la plus éclatante. Le Vent Nous Portera ? Facile, il suffit de glisser de l'electro-acoustique à l'acoustique. Non. Faut-il encore l'habillé de sentiments et d'authenticité, ce qu'ils n'auraient pas pu aussi bien faire qu'avec cette interprétation habitée.  La version americana de L'Homme Pressé renvoi une bonhomie et un plaisir communicatif. Toute la sensibilité à fleur de peau du Des Visages, Des Figures est transcendée quand elle est épurée de son électricité. Les Ecorchés n'en perd pas une goutte d'énergie et A l'envers, A L'Endroit, ce grand morceau, déjà sublime en condition electro-acoustico-live, a tout le temps de déposer à nos pied sa poésie. En clôture, Song For JLP résonne une seconde fois, toujours très bon mais cette fois-ci avec un vrai rendu sonore. J'imagine que ça justifie le doublon. 

Et bien, malgré la démarche qui ne dupera personne, voici quand-bien même un disque à l’interprétation titanesque, qui ne manque pas d’intérêt. Ceci en tenant compte des situations : en pleine tournée des plus rock pour 1997, lors d'une tournée 2002 où les claviers et l’électronique s'invitent plus que jamais dans le paysage musical du groupe. Un vrai travail d'auto-réinterprétation. C'est cher payé la fantaisie du double album mais ce serait aussi passé à côté d'une pièce indispensable pour les fans. Sinon, ça existe en CD pour les vieux et les gens pas cool, et en streaming, mais parait que c'est mal... Vous voyez où je veux en venir.

A-
(j'ai douté des détails, jamais du don des nues)

samedi 28 janvier 2023

La Muerte - (1987) Every Soul By Sin Oppressed


La Belgique n'était pas prête à ça. Alors qu'à la même époque les controversé Front 242 durcissent le ton et intimident les ménagères de plus de cinquante ans, les La Muerte déboule par la porte arrière et te fout un pied dans la gueule. Tout de noir, mèches rebelles, sourires d'enterrement, on dirait un groupe cold wave : il n'en est rien. Porté par un chant sale et agressif, expliquant l'étiquette métal qu'on leur colle, leur punk blues très heavy et noisy soulève un nuage de poussière opaque. 

Pied au planché, So Bad, impérieux, t'envoie toute sa délicatesse à la figure avec authorité. Burné, la plaque enchaîne les rafales de plomb : l'urgent Big Trouble, près à en découdre avant d'être rattrapé ; Banjo King bluesy, schizo et musclé à souhait ; ou encore Motorgang, où l'on suit les routes filant à perte de vue, sous la chaleur du goudron, à travers des plaines aux odeurs arides, jusqu'au prochain bar à whisky (à en croire le clin d'oeil à l'Alabama Song glissé entre les gémissements animaux de Marc de Marais).

Relevons l’apparition par deux fois de l'ami Arno (Hintjens) à l'harmonica. La première fois sur la très longue complainte, The Rope's Around Your Neck, balade blues désespérée, résignée, au bord de la folie, chant à bout de souffle et cet harmonica qui geint. La seconde sur une reprise soufré de l'increvable Mannish Boy de Muddy Waters et son chant menaçant, enragé. Une intervention inspirée qui nous rappel qu'il ne manquait pas de feeling (et qu'il nous manque tout court).

L'album se termine sur l'instrumental Guilty, aux ambiances de brasero, où Dee-J sème ses arpèges à la fois spleen et sombres suivi de You're Not An Angel, tendu et oppressant, au porte de l'ambiant. Un premier LP pas pour rigoler où le groupe établie solidement les bases de son style pour les plus de 30 prochaines années et développe son univers entre western spaghetti, gang organisé et psychopathie. A l'époque, il y avait Dorothée qui arrivait à la télé. On était vraiment pas près à ça.

B+
(oil sex whiksy)

samedi 21 janvier 2023

melvins - (1991) Bullhead


Avec ce nouvel opus, les Melvins clôturent ce que je me permet d'appeler leur trilogie de béton : du lourd béton gris, celui qui macule le mur humides des caves. Les trois de Washington poursuive sur la même voie thématique en aiguisant le style, poursuivant leur lente mutation. Les morceaux se structurent de manière plus conventionnelle mais sans perdre en essence, moulant plus de formes à ce marasme punk. Les hostilités s'ouvrent sur Boris, la quintessence du melvinisme, tellement doom, aux riffs imparables. Huit minutes de tube sludge. La torrent de décibels se poursuit sur Anaconda Buzzo beugle comme un rageux avant de tendre la corde sur Ligature, prette à craquer. 

L'album, charnière, incarne la mémoire du passé, un instantané de l'instant et les prémisses du futur. Le plus stoner du trio à ce jour, tel ce If I Had An Exorcism, dégoulinant, qui s'échoue presque en drone ou Your Blessened, incandescent, sur lequel ils prennent de la hauteur et flottent dans le désert spatial. La galette poursuis la mission débutée sur son prédécesseur et ouvre les portes au grundge naissant (et l'arrivée d'un certain Houdini) avec It's Shoved. La basse de Tori Black groove sur ce titre post-hardcore,  mais résolument alternatif et rock'n'roll. 

Pour claquer définitivement leur premier chef-d'oeuvre, ils nous achèvent sur le heavy et urgent Zodiac et le furieux rodéo Cow dont l'outro en solo de batterie de 2 minutes, bien lourd, nous drague avec un de leur plus beaux atouts, le feeling de Crover, comme le déhanché d'une vieille pute. Ah ! Les salauds...

A
(chez Boris, c'est soirée disco)

lundi 16 janvier 2023

Noir Désir - (2022) Comme Elle Vient



Que faire de cet LP ? 20 ans après la fin de cette tournée mythique, 17 depuis le En public qui le deviendra bien vite, tout comme son DVD compagnon En Image ? Barclay cherche dans le fond de ses tiroirs quelque chose à se remettre sous la dents, puisqu'ils n'ont pas omis de laisser retomber les grands vents des anciennes tempêtes. En soi, on a toute les raisons de dire merci après l'intéressant Débranché et l'indispensable Elysée Montmartre 91 sortis dernièrement. Mais tendez l'oreille, ce concert vous sera peut-être familier, pas uniquement car une autre galette de la tournée est déjà sortie, mais bien car le son est celui du concert intégral du disque vidéo su-mentionné : le live à Evry de 2002, une des ultimes dates de l'ère Des Images, Des Figures. Un concert à l'image de la tournée : incroyable, s'il faut le dire, aux ambiances profondes et subtiles.

D'un point de vue  technique, le son est presque parfait. On peine à croire à un enregistrement en direct outre l’interprétation. On note un mixage qui fait la part belle aux ambiance et instrumentations, la voix de Cantat étant plus en retrait et le public ne faisant que de brèves apparitions. Après cette longue tournée, le groupe est rodé, à son sommet artistique, le moindre arrangements, comme autant de friandises, sont éprouvés et leurs morceaux apparaissent tel leur état définitifs. De facto, la mosaïque que forment les morceaux est plus profonde mais moins énergique, moins hargneuse. C'est très bien aussi.

L’exécution est habitée, comme toujours, fumeuse, en témoigne cet éternellement magnifique Si Rien Ne Bouge. L’exalté Les Ecorchés répond à un Pyromane, tout en mesure, en émotions et contrastes. Septembre En Attendant se métamorphose en jam atmosphérique, plus Led Zep que jamais, sans oublié l'odeur de poudre d'un One Trip One Noise, qui n'aura jamais été aussi hallucinatoire et brouillant. Jusqu'au bouquet final, tout ce qu'il faut est là.

Mais... Avait-on vraiment besoin de ce disque ? Alors que cette tournée fut presque enregistrée sur toute ses dates ? Qu'il existe sûrement des prises pro d'une poireauté de gigs inédits ? On attend toujours une chute de la tournée 666.667 Club... Que faire de cet LP ? Le (ré-)écouter ? OUI, ne nous privons pas de belle chose. Le (r)acheter ? Mais plutôt crever.

Et donc :
comme dans Artistiquement : A
comme dans Démarche : D
(Quand on vivait mieuxIl y avait Paul et Mickey on pouvait discuterMais c'est Mickey qui a gagné)

vendredi 14 octobre 2022

Melvins - (1989) Ozma


Une batterie pataude, du blast, des cordes rondes et baveuses, les Melvins. Second album - seulement, et un son, à eux, reconnaissable entre tous, pas besoin de rodage. Pour leur deuxième tentative, ils reprennent les négatif de leurs premiers clichés. On décompresse les morceaux, on crée des espaces, pour mieux laisser les instruments respirer, dégouliner, s'épanouir. 

Plus aérés, plus mélodiques, légèrement plus conventionnels dans leur structure, les titres s'embourbent dans un marécage de sludge, entre-coupés de fulgurances glauques. On se laisse aller à tous les possibles : qu'importe, le moyen justifiera la fin. Le trio s'ouvrent aux consonnances métalliques (Let God Be Your Gardener, le tendrement heavy Agonizer) ou encore le proto-grundge (Raise A Paw)  dans des ambiances post-apo (Ever Since My Accident), menaçantes (Koollegged), désespérées (At A Crawl), balistiques (Révulsion/We Reach)...

On jam en masse et découpe en tranches post-punk variées, on sert froid et sale. A l'image de la basse claquante de Lori Black. La batterie organique de Dave Crover, hantée, apporte beaucoup aux tons et ambiances. L'homme prend un plaisir de musicos communicatif (Cranky Messiha) usant de ce feeling qui deviendra légendaire pour laisser éclater ses idées finaudes. A noter, sous le titre Love Thing, une première reprise KISS (Love Theme From KISS), leur grand amour d'adolescence. Pour clôturer, ils grungisent avec réussite le Candy-O des Cars. On en est plus à ça.

Un second album dans la suite logique du premier, peut-être moins spontané, plus ouvert. Les fauves y poursuivent leur évolution en milieu naturel.

B+
(Mighty Miracle Show Of 1000 Delights !)


mardi 20 septembre 2022

Wet Leg - (2022) Wet Leg


Une histoire aussi improbable ne peut pas s'inventer. Sur l'Île de Wight, il n'y a plus de hippies depuis longtemps, parfois un festival et même une université. En dehors des cours, on s'ennuie vite à l'Île de Wight, et quand on commence à avoir la bougeotte, faire la fête, c'est pas mal. Et quand on a pas de musique pour s'amuser, on en fait soi-même. En dehors des cours, les deux comparses de ce qui deviendra les Wet Leg se mette à faire de la musique ensemble, mais ce n'est qu'après quelques années de symbiose qu'elles forment ce projet et auto-produisent un titre devenu viral : Chaise Longue. Véritable tube hyper-dansant, la hype se construit autour d'un futur album et la suite se fait attendre. 

Bien décidées à ne pas réitéré la même formule, le duo accouche d'un album varié, aux textes modernes, un brin féministes, pas démagos, définitivement seconds degrés, aux consonances très brit pop (Wet Dream), pop rock (Oh, No), balade pop (Loving You) , flowerpower (Supermarket, très Beatles), dreampop, sunshine pop à la Mama's & The Papa's (Angelica),... 
Notons d'autres très bonnes surprises dont un autre tube imparable, le power brit pop Ur Mom, inexorablement entraînant ; mais encore l'étonnant Convincing qui nous charme avec cette voix à la Lana Del Rey mais aux accords et contre temps intimidants ; la douce balade Piece Of Shit, terriblement nerveuse ou Too Late Now, spleen et noisy.

Se referme une collection de chansons pleines de variétés et de contrastes, aux idées diverses, jouant sur des multiples variations autour de motifs simples, mais aux structures qu'ils ne le sont pas toujours autant.
Un album charmant avec sa naïveté et ses petits défauts, sa maîtrise et ses folies. Une parenthèse d'un fun contagieux. Honneurs aux dames.

B+ 
(like all day long on the chaise longue)

Melvins - (1987) Gluey Porch Treatments

Attention, moment important dans l’histoire du son lourd. Ces trois kids de Washington amateurs de punk hardcore se mettent à jouer de plus en plus lentement. Sûrement pour faire chier. Ce sont des braves gamins mais foutre le brin, c’est quand même marrant. Alors en cachette, on ramène un pot de slime dans le dos de la maîtresse et on le fait dégouliner dans le pupitre et on le regarde s’infiltrer lentement, pataud, en gloussant.Ce slime, c’est la guitare de King Buzzo : elle est ronde, crue, collante, lourde, abrasive. Et comme un slime, ça rebondit, sa prend la forme que l’on veut sans jamais tout à fait se laisser dompter, mais on peut improviser et, surtout, s’amuser. La batterie poisseuse de Dale Crover, c’était la petite étincelle pour que l’allumette sente le souffre. Bruler des trucs, c’est marrant aussi tiens. C’est chaud, vivant et ça part vite dans tous les sens. Ces mecs auraient pu devenir les Beastie Boys, par passion pour Black Sabbath ou Jimi Hendrix, ils sont devenus les Melvins.

Quand Black Flag invente le concept du sludge, par inadvertance, ils ne pouvaient pas s’imaginer que ces petits malins allaient pousser le concept toujours plus loin. Qu’ils allaient garder la structure du (post-)punk, juste garder des sections de musique, des plans, mais sans s’ennuyer à en faire des morceaux compliqués. Qu’ils allaient inventé le son d’un trou noir, cette étoile en fusion qui finit par s’effondrer sur elle-même. Que les rues puantes, les sons rouillés, les caves de répét’ humides, les odeurs de bois moisi allaient s'agglomérer en un point infiniment dense et lourd. A l’image de ce titre d’introduction, Eye Flys, sludge, drone, ambiant, plombé (impossible que Khanate n’ait pas entendu ce morceau).

Influencé par le doom, le post-punk, l’hardcore, ponctué de solos grincents, d’atmosphères noires et blanches, aux inombrables nuances de gris, de structures torturées, de chants à l’emporte-pièce, les Melvins affirment l’existence d’un genre nouveau-né et y mettent dors et déjà une patte très personnelle, sans jamais y revenir, influençant tellement de gamins, de Seattle entre autre. On est pas là pour rigoler mais qu’est-ce qu’on se marre !

B+
(with all the heavyness of the load)

mardi 13 septembre 2022

The WRS - (2020) The WRS

On pense parfois devoir chercher loin pour trouver son bonheur. La vérité est parfois sous nos yeux, occultée par les flash des médias, parfois tapis dans des endroits sombres, faute de mieux pour se montrer. C’est ce qu’on appelle une scène locale. Il faut s’y investir pour se rendre compte qu’on fait parfois vachement bien avec beaucoup moins et pas si loin d’ici.
J’en viens à ce trio de Namur,
The WRS , qui sévissent dans vos locaux, arrières salles et cafetard défraîchis avec leur surf rock efficace. Après un LP “Live At Rockerill” (plus Made In Belgium, tu meurs), ils entrent dans un studio, ou du moins un local avec des micros, et lâchent la bête : leur premier effort auto-titré, histoire de faire le tour de la question.

Avec Magic Powder, on est loin de la poudre de perlimpinpin : après sa longue intro drone ponctuée d’arpèges de guitare, la déferlante surf rockabilly. Le chant beuglé inintelligible, la batterie énergique, les guitares psychés et des breaks savoureux nous emmènent vers un monde de fun fumeux et fumé.
Avec l’entraînant Spit, on se remémore un peu les Who des débuts alors que le rock’n’roll n’est pas oublié sur 3’s For Lala et ce long solo guitare halluciné.
Les réverbes dans tous les sens, le rythme effréné, les saturations et une prod de caves donnent une tonalité très garage à l’ensemble du disque.
De décors en décors, on porte l’oreille sur Byzance, plus ambiant et posé qui nous envoûte de ses consonances moyen-orientales, son crescendo et son final épique, voir furieux.
On part faire un tour sur les mélodies imparables At The Bottom Of The Sea, et il s’y en passe des choses, avant un voyage à pied, au plancher, et le heavy et saturé NIBY (Nobody Is Perfect But You).

Inavouable clôture le débat en le résumant : ses voix perchées, hurlées, sa rythmique plombée, ses guitares médusés et sa prod bien garage pour une approche punk mais bon-enfant.
C’est un peu comme cette pochette : un plaisir simple. Grande écriture ? Dieu, non. Un feeling ? Que du feeling. Du fun ? Bon dieu, ouai !

B
(c'est Byzance, ici)


vendredi 26 août 2022

~X Nine Inch Nails - (2007/04) Year Zero

 

Avril 2007 - Sur Discogs

Autant le temps entre The Fragile et With Teeth a pu sembler long, autant 2 ans pour pondre celui-ci, c’est à se poser des questions.

Des questions auxquelles le père Reznor répond très vite. Effectivement, devenu monstre frénétique de la tâche en tournée, il passe le plus clair de son temps libre de boulimique du travail à écrire pour un nouvel album concept. Dans un futur proche, le gouvernement contrôle totalement la population et un groupe de résistants tente de renverser la vapeur.

Pour habiller son univers, Trent revient à quelque chose qu’on aime bien… L’INDUS. Plus celle de The Downward Spiral ou Pretty Hate Machine, encore autre chose, une indus plus électronique, qui n’hésite plus à remplacer les instruments par de la noise pure. 


Entendons-nous, les structures restent pop-rock, les émotions sont bien là mais la machinerie n’est jamais loin.

Finement sélectionnés, les sons s'amoncellent pour former un collage, un titre. Les instruments viennent se greffer pour une surdose de puissance, d’émotions ou d’humanité, pour un résultat parfois rythmic noise, parfois trip hop, foutrement rock.

Au rayon du bruitisme au service des compositions, des morceaux incroyables comme l’écrasant Vessel ou l’épique The Great Destroyer (au final purement noise, à la Esplendor Geometrico vs Masami Akita) sont les plus dignes représentant du “son” Year Zero, avec une domination claire de l’outil électronique. Cependant, de vrais moments rock sont à noter (le tube Survivalism ou encore le menaçant et groovy Meet Your Master). Quelques morceaux plus easy-listening (l’increvable Beginning Of The End, The Good Soldier,...) relaient des morceaux au relents trip-hop pas piquer des hannetons : le dansant Me, I’m Not ou le diable The Greater Good avec ses lignes de basses putasses (sâles mais affriolantes).

Les deux curiosités de la plaque, outre le sus-nommé Great Destroyer au patronyme tout trouvé, sont la balade sur-saturées The Warning, qui s’infiltre dans la cervelle sans-retour, (cette ligne de basse) et le noisy-dance (sisi) God Given, où Trent joue un gospel white power fanatique. L’album nous salue bien bas sur une duette finale plus calme : In This Twilight, balade fébrile à la rythmique violente et Zero Sum, trip-hop ambient post-apocalyptique totalement résigné. Une totale réussite.


Avec ce Year Zero aux nombreux contrastes (encore et toujours), la puissance mécanique et électronique laissent librement les émotions exulter, sans jamais oublier le sens des mélodies (encore et toujours). La formation prouve qu’en gardant leur patte, elle arrive encore et toujours à trouver de nouvelles formes d’expression. Ce qui est à retenir, c’est qu’en termes de compositions, cette offrande marche dans les pas de With Teeth. Elle possède pour elle une large accessibilité et d’une très grande palette de style et de couleurs. L’habillage sonore va peut-être rebuter quelques lambas.

C’est pour cette polarité, ce comble de contraste, que je considérerai toujours Year Zero comme le troisième plus grand disque de Nine Inch Nails


A

(et de toute façon, je fais ce que je veux…)


~X Nine Inch Nails - (2002) And All That Could Have Been. Live

 

2002 - Sur Discogs


Le disque n’est même pas encore tout à fait lu par l’Hi-Fi que la rythmique violente de Terrible Lie surgit du néant et t’en claque une en pleine face. Les beaux diables derrière leur écran de fumigène hurlent leur rancœur et te fixent au sol. Après cette déclaration de guerre, au final de fin du monde, on t’envoie un missile sonique en la personne de Sin. Reznor racollent l’assemblée avec son célèbre “Are you fuckin’ pigs ?”, puis t’envoie la salve indus rock’n’roll March Of The Pigs, au cas où tes genoux te tiendraient encore debout. Pour calmer le jeu, mais sans perdre en intensité, on souffle avec une vicelarde version de Piggy.

Quand le quintet se décide enfin à sortir une offrande live, ils n’ont pas empaqueté leurs valises pour rigoler. La puissance du son est impressionnante, soutenue par une postproduction juste mais relevée et par un line-up au sommet, représenté par James Dillon à la batterie, organique et tout en mesure (Reznor, multi-instrumentiste, n’a jamais excellé à la batterie mais a toujours bien sû s’entourer).

L’odeur d’essence se mêle à celle du soufre et de la sueur pour une ambiance incandescente à la hauteur de la réputation du groupe. Les morceaux les plus rocks, furieux et poisseux (comme ce The Frail habité ouvrant à ce The Wretched haineux et désespéré) sont relayés par des moments de recueillements dont les émanations émotionnelles sont d’une grande beauté (The Mark Has Been Made au mix heavy ou The Great Below crépusculaire). 

Tout le contraste plastique de la tournée émane de cette galette.

En témoigne cette apothéose : le massif et puissant Head Like A Hole ; l’hypnotique et délicat The Day The World Went Away - véritable aurore boréale branchée sur amplificateurs ; le sinueux et explosif Starfuckers, Inc. et l’au-revoir murmuré par Hurt, puissant et sensible, habillé par un arrangement tout spécial.


L’album complète finalement bien son penchant DVD en offrant un condensé plus intense du savoir faire scénique de la formation. Un reproche que plusieurs observateurs ont pu faire, outre cette surproduction (qui, je le répète, à mes yeux, reste honnête et ne trahit en rien l’âme live du groupe), c’est justement ce côté presque best-of. La promotion n’avait jamais caché cette intention et l’ensemble du produit reste parfaitement cohérent. Pour ceux qui doutent : ils n’ont jamais beaucoup communiqué avec le public et ils ont toujours joué pied au plancher. Cela reste un choix artistique qui se discute (bien sûr). Reste un nombre affolant de bootlegs pour ceux qui veulent (je ne me suis jamais gêné).


A

(et de rien pour les dents cassées)

~X Nine Inch Nails - (2005) With Teeth


5 longues années, c’est à priori le temps qu’il faut pour mettre sur pied un cd et un dvd live, faire une cure de désintox (définitive cette fois-ci), écrire une collection de chansons et bodybuilder son corps. En tout cas, le père Reznor ne s’est pas ennuyé. Changement de vie, changement de fonctionnement. Fini les heures passées dans un studio à trouver la solution dans les rails de coke, le gars s’impose des deadlines pour terminer ses morceaux, séparant composition, enregistrement et production. C’est un homme sain dans son corps (mon dieu, quel changement) et dans sa tête (mon dieu… quel changement) qui revient avec autre chose qu’un album-concepte et une envie claire de faire du rock.


L’album s’ouvre sur All The Love In The World, morceau atypique, débutant comme une ballade piano/boite à rythme déprimée pour partir dans un trip vaguement gospel, au multiple cœurs se superposant, désespéré mais entraînant. OK. S’ensuit un bon gros paquets de morceaux rock, plus ou moins FM, (le furieux You Know What Your Are ?, les contretemps de Collector, le plombé et suave The Line Begins To Blur, ...).

Reznor se laisse complètement aller à ses envies et revendique ses influences et son amour pour la musique pop-rock avec le très FM The Hand That Feed (hymne anti-républicain) ou le punk-rock indus Getting Smaller (qui aura fait frapper des touches sur les forums dédiés).

Mais ce qui aura vraiment fait hurler les hardcores restera Everyday Is Exactly The Same, titre à la mélodie imparable mais pure produit piano-rock, ou encore le léger Sunspots, d’une simplicité pop à priori trop limpide.


Les balades ne sont pas en reste. Love Is Not Enough et sa rythmique venimeuse, l’intense morceau-titre (un modèle de compo reznorienne), le magnifique Right Where It Belongs ou l’ovni pop-drone (ah sisi) Beside You In Time, un peu long et déroutant au premières écoutes (mais qui prendra une dimension live incroyable). Une autre livraison atypique est à signaler en la pièce Only, avec son piano cabaret lounge sombre et son phrasé accusateur.


Vous l’avez compris, on est moins face à de l’indus qu’à un pop-rock avec des sons un peu méchants. Les éléments électro sont là pour colorer des compos qui n’en n’ont pas vraiment besoin, pour mettre un peu plus de forme au fond. 

With Teeth reste donc un album du renouveau, une sorte de passage initiatique nécessaire pour que son auteur puisse se recentrer sur sa musique, pour qu’il laisse libre court à tous les possibles et se fiche enfin de ce qu'on peut bien penser de lui. Une véritable collection de son savoir-faire avec ses moments forts, ses moments plus discrets, ses choix qui, de loins, semblent discutables, mais une authenticité non-réfutable. Un peu décrié lors de sa libération en pleine nature, ce LP deviendra au fur et à mesure quelque chose de solide et mythique pour une frange de fans fidèles qui ont compris qu’un artiste n’était pas forcément obligé de reproduire une formule (et c’était quoi la formule NIN, en fait ?). Ils sont de retour et ils montrent les dents.


A-

(avec le sourire carnassier)

Nine Inch Nails - (2000) Things Falling Apart


On prend la même formule, on ne reprend pas les mêmes et on recommence quand même. Dans la saga des EP de remix, suite et pas fin. L’ensemble de l’ère The Fragile (TF) aura été un long chemin de croix. Les Fragility Tour 1.0 et 2.0 consécutifs auront été, en coulisse, une longue descente aux enfers pour le groupe, individuellement et en tant qu’entité. Cependant, quelques mois après sort le sujet de cette chronique : Things Falling Apart.


Derrière cette très jolie pochette, premier constat : 2 originaux inédits, une reprise et 7 remixs, dont 3 de la même chanson (oui, comme dans TROIS). Comparé au précédent EP, la  démarche compositionnelle et de re-création est substituée par celle d'assemblage de raretés et b-sides. J’imagine que Further Down The Spiral comptait son lot de Mr. Self-Destruct… Ça fait quand même remplissage.


Ce qui devrait être le plus excitant reste donc les deux compositions originales, extraites parmi le dédales de morceaux que Reznor aurait écrit durant les sessions de l’album modèle. La première, The Great Collapse, instrumental fort sympathique, reste dans la veine de TF, avec son côté ambiant et trip-hop. Sympathique, certes, mais le choix de ne pas l’avoir retenue lors du cut final n’est pas insensé non plus. Bien qu’il soit intéressant de découvrir une chute de studio, ce n’était pas un trésor perdu (notez cependant que le morceau sert clairement de brouillon à The Greater Good, titre présent 7 ans plus tard sur Year Zero). Il en est tout autre pour le second inédit, un peu plus loins, 10 Miles High qui possède une vraie force émotionnelle, une mélodie entêtante et une interprétation viscérale. Petit hick, ce n’est pas vraiment un inédit : le titre se trouvait déjà sur la version vinyle de l’album et sur certaine version du single We’re In This Together. Ça fait tache.


Allez, pas grave, il y a une reprise de Metal de Gary Numan, un autre héros, cette fameuse reprise que le groupe travaille depuis 95. Cela s’entend : le morceau est une leçon de sur-prod avec ses arrangements en cascades mais long, downtempo, presque lent…


Au rayon des remixs, notons que Slipping Away reconfigure complètement le morceau Into The Void en autre chose de plus trip-hop noisy, assez réussi. La version de The Wretched propose un mix très épuré à la rythmique forte pour un résultat ambiant et plus inquiétant mais pas franchement intéressant. 

On croise par contre une véritable pépite en la remix de The Frail, au violon, parfumé de sons glitch corrosifs, qui vaut le coup d’oreille. Toute la dramaturgie de l’original est préservée, voire sublimée. 

De son côté, Where Is Everybody ? (version) clôture ses tribulations posées et ambiantes en un final rythmique et glitchy à souhait. 

On termine sur les trois remixs de Starfuckers, Inc. : la deuxième, par Dave Ogilvie, prend une vraie direction, dance, entraînante et fondamentalement réussie. Certes déroutante et peu au goût de certains puristes mais l’exercice de réinterprétation est là. Aux relents rythmic noise, les deux autres peinent à briller, soit de par ce mix elliptique et quand même vachement répétitif pour la première, soit par une direction artistique transparente pour la dernière. Ça fait forcé.

 

La galette est glitch et noisy mais terriblement molle. Les vraies réussites manquent de cette puissance qui empêche le papier peint de décoller. On ne retrouve en rien ce sentiment d’unité que possédaient les autres exercices du genre. Un sentiment de longueur et de répétition omniprésent précipitera définitivement cette galette à tomber en pièce.


C+

(et ça fait délabré)


Nine Inch Nails - (1999) The Fragile

1999 - Sur discogs


Trois années et demi s’écoulent entre la fin de la tournée des clubs qui clôtura la promotion de Further Down The Spiral et la sortie de The Fragile (TF). Dans l’entre-faite, Reznor a fait joue-joue avec la B.O. de Lost Highway de David Lynch (pour laquelle il écrit, entre autres, le culte The Perfect Drug, accompagné de son clip qui l’est tout autant). Trois ans et demi, c’est finalement peu pour un double mais c’est une éternité pour les fans qui n’ont jamais attendu aussi longtemps entre deux offrandes du projet. Reznor accouche des 23 titres de la version CD dans la douleur. En proie aux addictions et à la dépression, il passera des heures, des jours et des mois dans son studio à travailler, modifier, recommencer, s’acharner, détruire, recommencer, enregistrer, ... En résulte l'œuvre la plus personnelle du projet à ce jour.

Ce qui manquait à Trentounet pour rentrer dans la légende était de claquer un deuxième chef-d'œuvre mais à contre courant, qu’il brille là où on ne l’attend pas. Il s'exécute. Les instruments acoustiques ou electromécaniques, avec leurs fragilités et leurs aspérités, se substituent au visage le plus indus du groupe. Au lieu de les créer de toutes pièces de façon électronique, le groupe va rechercher les imperfections dans la nature même des cordes. Ce qui reste, c’est cette recherche du son, avec l’utilisation parfois très détourné des instruments ou de sources sonores. Tout au long de ce disque qui se repose entièrement sur les contrastes, certains thèmes, motifs ou thématiques viennent et reviennent, à la volée ou à la dérobée, d’un morceau à l’autre, d’un disque à l’autre.

L’ouverture Somewhat Damaged, avec ce motif rythmique répété, augmenté par de plus en plus d’intervenants, jusqu’à ce final catharsistique, est une véritable explosion émotionnelle.

L’émotion et les contrastes sont les maîtres mots de TF, s’exprimant sous des formes plus ou moins brutes. Comme dans ce The Day The World Went Away, tout en spleen qui nous surprend avec ce mur de son à la puissance dramatique. La charge émotive de We’re In This Together (un grand classique presque jamais joué en live) nous prend à la gorge. Le rock (le tube organique indus The Frail/The Wretched ; le volcanique et rock’n’roll No, You Don’t), côtoie des instrumentaux inspirés, entre trip hop et histoire sans parole (l’intense Just Like You Imagined, le nostalgique La Mer, la décadente procession Pilgrimage). Les balades rock hantées ne sont pas oubliées avec le protéiforme The Fragile, le tout en mesure Even Deeper ou l’absolument sublime The Great Below, qui clôture cette première partie, nommée Left.


Il serait culotté de contredire ceux qui trouvent que Right perd en intensité par rapport à son voisin de digipack. Cependant, ne vous trompez pas et prenez votre temps, car il ne manque pas de bonnes idées et de quelques surprises. L’halluciné The Way Out Is Through (qui rappel un peu le titre The Downward Spiral, surtout dans leur approche live) reprend magnifiquement le sujet là on l’avait laissé. S’ensuit l’hypnotique basse d’Into The Void, le groovy Where Is Everybody ? (un morceau sous-estimé) et l’inquiétant instrumental The Mark Has Been Made. Le easy-listening rock Please ouvre gentiment la voie aux hit rock indus Starfuckers, Inc. (avec son clip bien provoc). L’album se termine sur un instrumental sonic (Complication), et quelques curiosités (dont l’excellente baffe rock The Big Come Down), et ce long et malsain dernier morceau, l’ambiant Ripe (With Decay), un véritable pied de nez, où Mike Garson, claviériste de Bowie, vient martelé quelques notes glaçantes.


Bref, un opus imposant, titanesque, aux multiples facettes, aux multiples contrastes, aux multiples émotions, aux multiples lectures, qui se redécouvre et se laisse redécouvrir longtemps. Un petit suicide commercial et artistique qui sera soutenue tambour battant par une tournée plastique et destructrice, qui représentera aux mieux la vision et les interets de cette (double-)galette. Le temps et une fan-base prédicatrice finiront par éclairer cet album sur sa fascinante beauté, subtilité, variété, fragilité…


A++

(et des bisous partout…)

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