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lundi 27 mars 2023

René Binamé Et Les Roues De Secours - (1990) Hop! Hop! Hop!


Attention ! La musique présente sur ce support a été gravée selon des techniques traditionnelles de Do It Yourself. Aucun premier degré n'est a appliqué avant son éxecution. Notre savoir-faire de déguste avec sagesse

Les Binamés avaient encore des choses à raconter, des aventures à compter. Dans un cross-over entre Fluide Glaciale et Charlie Hebdo, sur un scénario d'Edika, sous le crayon de Charb, les dinantais débites leurs élugubrations dans un paysage sonore fait d'authentique saturations énamourées. Car un tel artisanat, on le vit par passion. La formule ne change donc pas : blagues potaches, fandage de poire, trois accords, esprit libertaire, approche sérieuse qui ne se prend pas au sérieux : on ne badine pas avec l'amour et ces wallons ne sont pas que des guignols. Leur style ne cessera d'évoluer et, sur ce second LP, leur anarcho-punk se maquille de quelques fards blues. 

Entre des samples sentis (Flagada Jones, drague relou, messe,...), le groupe égraine les arpèges et les mélodies poussérieuse, presque country ("Les Sodomites Billy", "Léon") ou les riffs bluesy (la balade crooner "Jour Du Seigneur" ; le noisy "Le Blues De La Banane"). Le punk des familles n'est cependant pas oublié, on vous rassure ("Lors René Binamé" ; "Tarzan N'Est Pas Mort"). Les paroles, selon la tradition binaméenne, sont, au bas mot coquasses, voire carrèment absurde ("Les pdt"), toujours irrévérencieuses, quand elles sont audibles. 

Notons ces quelques titres qui viennent enrichire la lexique du groupe. Le lancinant "Cas De Conscience" est le premier de son type : long et réptétitif, garni d'un chant parlé. Un premier jet amusant à l'écoute mais bien moins convaincant à la réécoute. Ils feront mieux plus tard. 
"La Bouilloire" se devait d'être chanté, c'était une envie et donc un besoin, et donc une nécessité, toute l'essence libertaire selon Aredje. Olivier n'avait plus assez d'encre sur sa plume ? Ca n'a aucune importance, nul besoin de texte pour chanter - le scating l'a prouvé, des onomatopées suffisent. Mais ne serait-ce pas toute l'essence du punk ? Faire du bruit, avec l'envie, sans les moyens, qu'importe, faire ce qu'on veut.
On trouve aussi la balade brouillante "Noordzee Blues", qui comme son nom l'indique, évoque, avec sorcellerie, tout la mélancolie de nos vacances à la mer du nord de nos vertes années. Ils savent faire ça les Binamés.

Plus musclé que le précédent mais moins pourvu de morceaux marquant, le LP se trouve un peu enfermé entre ses délires, ses intensions et sa production. Il reste un disque divertissant et d'une honnêteté sans faille, toujours moins marrant que son prédécesseur, toujours moins bon que le suivant, systématiquement meilleur que ce que l'on s'en rappel. Et puis terminer sur une ritournelle nommée "J'encule", c'est la base.

B-
(Et si ça ne vous suffit pas, on s'en fou, nous on a que ça)

samedi 28 janvier 2023

La Muerte - (1987) Every Soul By Sin Oppressed


La Belgique n'était pas prête à ça. Alors qu'à la même époque les controversé Front 242 durcissent le ton et intimident les ménagères de plus de cinquante ans, les La Muerte déboule par la porte arrière et te fout un pied dans la gueule. Tout de noir, mèches rebelles, sourires d'enterrement, on dirait un groupe cold wave : il n'en est rien. Porté par un chant sale et agressif, expliquant l'étiquette métal qu'on leur colle, leur punk blues très heavy et noisy soulève un nuage de poussière opaque. 

Pied au planché, So Bad, impérieux, t'envoie toute sa délicatesse à la figure avec authorité. Burné, la plaque enchaîne les rafales de plomb : l'urgent Big Trouble, près à en découdre avant d'être rattrapé ; Banjo King bluesy, schizo et musclé à souhait ; ou encore Motorgang, où l'on suit les routes filant à perte de vue, sous la chaleur du goudron, à travers des plaines aux odeurs arides, jusqu'au prochain bar à whisky (à en croire le clin d'oeil à l'Alabama Song glissé entre les gémissements animaux de Marc de Marais).

Relevons l’apparition par deux fois de l'ami Arno (Hintjens) à l'harmonica. La première fois sur la très longue complainte, The Rope's Around Your Neck, balade blues désespérée, résignée, au bord de la folie, chant à bout de souffle et cet harmonica qui geint. La seconde sur une reprise soufré de l'increvable Mannish Boy de Muddy Waters et son chant menaçant, enragé. Une intervention inspirée qui nous rappel qu'il ne manquait pas de feeling (et qu'il nous manque tout court).

L'album se termine sur l'instrumental Guilty, aux ambiances de brasero, où Dee-J sème ses arpèges à la fois spleen et sombres suivi de You're Not An Angel, tendu et oppressant, au porte de l'ambiant. Un premier LP pas pour rigoler où le groupe établie solidement les bases de son style pour les plus de 30 prochaines années et développe son univers entre western spaghetti, gang organisé et psychopathie. A l'époque, il y avait Dorothée qui arrivait à la télé. On était vraiment pas près à ça.

B+
(oil sex whiksy)

The WRS - (2022) Capicúa

Sur Discogs Si tu sors plus de deux albums, en Belgique, t'es obligé d'avoir une couv' d' Elzo ( Le Prince Harry, My Dilige...