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mardi 11 avril 2023

Walpurgis Volta - (1988) Walpurgis Volta


La musique du 20ème siècle fut populaire, celle du peuple, du croquant. Le punk fit l'effet d'un ras de marée car il l'était. Bruxelles n'y échappa pas. Les retombées post furent plus visibles mais il y a forcèment eu un avant. Parmis certains acteurs notables, un certain Bob Seytor sort du lot : d'abord batteur chez les Chainsaw, puis chanteur chez Contingent, il y rencontre Eric Lemaître (guitare). Les deux comparses resteront sur cet acquis et créeront, quelques années plus tard,  l'experience Walpurgis Volta accompagné, entre autre, de Georges Lemaire (basse) (des noms à retenir).

D'ailleurs, on repaire déjà ce jeu de basse funky qui s'oublie dans un frénetisme de rock et de roll. Car même si la guitare ne rate aucune occasion de claqué et de saturé, les riffs acérés des WV sont avant tout éfficaces, entrainants, mélodiques,... C'est pour mieux accompagnés ces punchlines sur la violence, la jungle rurrale, le désespoire, les guerres pscyhologiques ou armée, signées avec vélocité, d'une voie nasiarde, dans un français au léger accent metropolitain, désabusée, criarde, arrogante jusqu'à la vulgarité.

Le quatuor s'emploie a appliqué toute son adresse sur le rockabilly "Roule La Rolls", hypersaturé ; un "Suicide, Suicide" violent et rapide; ou le "Cowboy Solitaire" country dégueulasse et gressillé ; mais aussi le southern rock gutural et noise de "Vietnam Blues" ; encore le F.M. "Le Quotidien" (qui ferait penser à Téléphone) ; ou bien la tension extrême d'un "Regard Glacé" ; et les chaloupements alambiquée des rythmiques reggae (un classique) de "L'Ethylique".
Vous l'avez compris, rien ne pourrait être plus dangereux, plus urbain, plus punk que les bruxellois.
Mais que de fraîcheur, que de haine, que de pisse, que de jeunesse, que d'envie d'en découdre... Une envie qui m'a parfois rappelé les français de Haine Brigade. Le début d'une trop courte aventure en commun pour le groupe, mais le début de diverses carrières qui marqueront la scène de la capitale belge et de son fameux Magasin 4.

B+
(mais ça veut dire quoi walpurgis volta ?)



lundi 27 mars 2023

René Binamé Et Les Roues De Secours - (1990) Hop! Hop! Hop!


Attention ! La musique présente sur ce support a été gravée selon des techniques traditionnelles de Do It Yourself. Aucun premier degré n'est a appliqué avant son éxecution. Notre savoir-faire de déguste avec sagesse

Les Binamés avaient encore des choses à raconter, des aventures à compter. Dans un cross-over entre Fluide Glaciale et Charlie Hebdo, sur un scénario d'Edika, sous le crayon de Charb, les dinantais débites leurs élugubrations dans un paysage sonore fait d'authentique saturations énamourées. Car un tel artisanat, on le vit par passion. La formule ne change donc pas : blagues potaches, fandage de poire, trois accords, esprit libertaire, approche sérieuse qui ne se prend pas au sérieux : on ne badine pas avec l'amour et ces wallons ne sont pas que des guignols. Leur style ne cessera d'évoluer et, sur ce second LP, leur anarcho-punk se maquille de quelques fards blues. 

Entre des samples sentis (Flagada Jones, drague relou, messe,...), le groupe égraine les arpèges et les mélodies poussérieuse, presque country ("Les Sodomites Billy", "Léon") ou les riffs bluesy (la balade crooner "Jour Du Seigneur" ; le noisy "Le Blues De La Banane"). Le punk des familles n'est cependant pas oublié, on vous rassure ("Lors René Binamé" ; "Tarzan N'Est Pas Mort"). Les paroles, selon la tradition binaméenne, sont, au bas mot coquasses, voire carrèment absurde ("Les pdt"), toujours irrévérencieuses, quand elles sont audibles. 

Notons ces quelques titres qui viennent enrichire la lexique du groupe. Le lancinant "Cas De Conscience" est le premier de son type : long et réptétitif, garni d'un chant parlé. Un premier jet amusant à l'écoute mais bien moins convaincant à la réécoute. Ils feront mieux plus tard. 
"La Bouilloire" se devait d'être chanté, c'était une envie et donc un besoin, et donc une nécessité, toute l'essence libertaire selon Aredje. Olivier n'avait plus assez d'encre sur sa plume ? Ca n'a aucune importance, nul besoin de texte pour chanter - le scating l'a prouvé, des onomatopées suffisent. Mais ne serait-ce pas toute l'essence du punk ? Faire du bruit, avec l'envie, sans les moyens, qu'importe, faire ce qu'on veut.
On trouve aussi la balade brouillante "Noordzee Blues", qui comme son nom l'indique, évoque, avec sorcellerie, tout la mélancolie de nos vacances à la mer du nord de nos vertes années. Ils savent faire ça les Binamés.

Plus musclé que le précédent mais moins pourvu de morceaux marquant, le LP se trouve un peu enfermé entre ses délires, ses intensions et sa production. Il reste un disque divertissant et d'une honnêteté sans faille, toujours moins marrant que son prédécesseur, toujours moins bon que le suivant, systématiquement meilleur que ce que l'on s'en rappel. Et puis terminer sur une ritournelle nommée "J'encule", c'est la base.

B-
(Et si ça ne vous suffit pas, on s'en fou, nous on a que ça)

vendredi 3 mars 2023

René Binamé et Les Roues De Secours - (1988) René Binamé et Les Roues De Secours EP



En 1988, le punk est loin. L'intelligencia se régale de post-punk en tout genre puisque, enfin, on peut lui coller une légitimité. Le hardcore anime les pogos. Etre punk, ça n'était plus vraiment cool. En fait, ça ne l'a jamais vraiment été. C'était marrant pour choquer les mère en cache-poussière mais on est passé à autre chose. Trop tôt pour le label culte, trop tard pour être à la mode. Mais Olivier Binamé, il vient de Dinant où il partage le désœuvrement de la vie populaire, il s'est farci trop de catéchisme toute sa jeunesse, ses idoles mettent les pieds dans les plats ou dans la gueule et, surtout, n'ont jamais été foutu de lire une partition. Parfait : alors c'est possible.

Sous le patronyme de René Binamé et entouré de ses roues de secours, il balance dans un DIY et un semi-amateurisme assumé un premier six titres auto-titré de treize minutes, parce qu'il n'en faut pas plus pour raser tout azimut. Sous couvert d'anarcho-punkisme, ils se paient le scalp d'à peu près tout ce qui porte un insigne ou un chapeau, sur un ton léger qu'on classera (trop) vite en humouristique. Comprenez, ce premier titre, L'Opium Du Peuple, ne pourrait pas être plus Ludwig Von 88 si les parisiens l'avaient écris eux-mêmes. La pilule Dalida et sa cavalcade de basse offre un premier texte typiquement binaméins, c'est à dire à la fois amusant et absurde, potache et décomplexé. Un peu comme Jésus Sur Sa Croix qui relate, d'abord en clair puis en saturé, les affres des attributs de notre sauveurs à tous. A la limite du mauvais goût, le groupe se sauve en brandissant son second degré et son je-m'en-foutisme goguenard. Premier grand tube des Binamé, La Moustache, ritournelle anti-maréchaussée qu'il est bien difficile de se retenir de connaître par cœur pour la reprendre a tue-tête au moindre contrôle routier.

Après une interpretation punkisée de L'Internationale, évidemment, qui ouvrira la porte à un futur album fumeux de reprises (vous verrez, j'arrive), le groupe nous indique avec fureur que C'Est Fini (déjà). Avec ce premier EP, les wallons y mettent un peu toutes leurs formules favorites avec fraicheur et authenticité et marque le début de leur longue aventure et celle de leur label Aredje, avec l'aide, l'énergie et la bonhommie de l'ami Marcor (qui est drôlement fort).

B
(c'est pas la crête qui fait le punk, c'est la moustache, c'est la moustache...)

The WRS - (2022) Capicúa

Sur Discogs Si tu sors plus de deux albums, en Belgique, t'es obligé d'avoir une couv' d' Elzo ( Le Prince Harry, My Dilige...