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samedi 4 mars 2023

.hopesfall. - (2002) The Satellite Years


Le kilo de chaire pèse-t-il moins lourd que son équivalent de plume ? Car l'esprit flotte vers le lieu aspiré. Le bord du précipice est invisible dans l'éblouissement des étoiles. L'attraction est plus forte que la volonté. La chute est exaltante. Mon moi se brise sur le sol mais le voyage ne fait que débuter. Je l'ignore. La plénitude et le tourment se ficèlent autour de mes émotions boursouflées. Les paysages défilent comme une pélicules remontées dans le désordre. Le soleil se couche sur un ciel nouveau. Quand la robe nocturne point, une créature d'un autre âge tend le cou sur ma carcasse rincée. Ses pensées me percent les tympans tel une berceuse - me traînent, me guident. Le sol défile d'une vélocité croissante sous mes pieds balant, la friction rend l'air étouffant. Le vertige fait tourner des images d'une autre vie, ailleurs, en des paysages hallucinatoires. Le temps se tord pour mieux se compresser, jusqu'à se figer complètement : arrêt aussi brutale que salvateur. Un couloir polycromique m'aspire toujours plus bas vers moi-même. Les sous-basements ressemble un peu à mon enfer. L'enfer, c'est les autres. Suis-je seul ? J'ai presqu'atteint le précipice. Ce n'était que le fantasme recouvrant mon âme telle une tâche d'huile. Les astres ne me regardent plus, ils se livrent à des jeux oubliés. Qui suis-je pour n'être autre chose qu'un spectateur ? Leur mouvement enluminés durent plus d'une eternité pour s'accomplir sans s'annoncer. Le combat fait rage. Plus rien n'a de déroulement, tout se supérpose. La violence douce-amer attrophie ma vision. Un don de destruction pour une obole de vie. Un sacrifice de vie pour une offrande de mort. L'alchimie universelle. Le juste retour du chaos. La toute première règle oubliée réécrite. Il n'est peut-être pas trop tard. Je saute dans l'habitacle et actionne tout ce que mes bras m'autorisent d'atteindre. Le mur du son me brise de deux côtés. La vérité se plie. Je me réveille, les oreilles m'hurlant des choses belles à pleurer. Je crie pour que le temps reprenne son cours. 

Je me lève de ma couche et, encore saoûl des chuchotements de Morphée, j'aggripe une feuille et j'y couche de la pointe d'une mine :
"Pour finir, avec ce deuxième album, plus spleen que jamais, les Hopesfall signe donc leur pièce maîtresse. Le gutiariste Ryan Parrish ayant eu la bonne inspiration de reprendre le micro à son compte, les vocaux sont, certes conventionnels, mais bien plus complets, sans perdre en honnêteté. Cette galette faite de mélancolie et d'énergie affiche son space rock d'un artisanat qui ne relève pas de l'hardcore technique mais du progressif. Les structures allambiquées sont cependant ornementées de lignes (dont cette basse magique de Chad Waldrup) claires où l'hardcore est tellement "post-" qu'il n'a pas peur d'être presque indie. L'album ne manque pas d'idées (de breaks magnifiques au claquements de main en passant à des arpèges fins) et cette succession de courts morceaux forment une mosaïques, comme autant d'escale à un voyage. Un album magnifique." Merde, j'ai peut-être oublié d'écrire le début de ma chronique.

A
(Satellite's gone up to the skies
Things like that drive me out of my mind)

lundi 6 février 2023

Psychonaut - (2014) XXIV Trips Around The Sun EP


Ah ! Les Flandres, terre de rock. La région n'en est pas à son premier groupe influent, reprenant les codes anglo-saxons avec talent, y ajoutant un sel propre, souvent arty, et parfois même un peu d'arrogance. La scène métallique bouillonne dans le sillage, entre autre, des Amenra, devenu un véritable phénomène.
De leur côté, les Psychonaut développe leur metal progressif sombre et mystique depuis 2013 avant de lâcher, l'année suivante, un premier disque. Cet EP, de 35 minutes, serait un double chez les Nails ou les compatriotes de Cocaine Piss. Pour le trio de Mechelen, c'est à peine le temps de quatre morceaux.

Le metal progressif des flamands mûri sous des riffs organiques, techniques, mutants sur des algorithmes savants, évoluant au fil des astres, à la recherche de nouvelles dimensions. Le Mantra qui descelle ces portes nous plongent à grand coup de post-metal atmosphérique dans le confins du connu avant de flotter 24 fois atour du soleil dès la piste suivante. Avec ce titre éponyme, et ses passages tantôt extrêmement sludgy, mais aussi stoner, le décorticage des rythmiques et des riffs, tout en contre-temps, peuvent évoquer un certain Tool (et seulement l'évoquer). Le titre Ascendacy rappel également un autre groupe passer maître dans ce genre d'art cérébral : Oceansize. N'allez pas plus loin qu'un feeling. Les passages ambiants, l'approche résolument doom, et le chant guttural empêche une comparaison plus approfondie. Ce fin équilibre entre chant clair et death est à retrouver dans l'Opeth des premières heures (l'excellent Morningrise). Le psychédélisme, omniprésent, est un autre point commun avec les suédois.
Comme sur le très bien nommé Psychedelic Mammoth, quelle belle image, avec son ambiance spatiale et épique, fournissant, en plein milieu, un solo de guitare des plus fumé, juste pour le fun.

Un bien beau premier effort pour les belges, qui montrent une personnalité forte, dark psyché, dans un habillage maîtrisé, pour une version Rosetta des Ulcerate (si c'est pas une comparaison flatteuse). Malgré ce maelstrom cosmique de références, le disque s'offre une unité solide. Du très bon donc, pour un départ en voyage dont on espère qu'il ouvrira les portes vers de nouvelles nébuleuses infernales. 

B+
(et des proboscidiens sous influence dans ta...)

mardi 31 janvier 2023

.hopesfall. - (1999) The Frailty Of Words


Un objet marginal que ce The Frailty Of Words, première offrande des Hopesfall. Résolument hardcore dans son énergie, ces jeunes gens fleurtent avec tout les interdits pour arriver à leur fin. A grand renfort de contre-temps et contre-points, de breaks incessants, d’enchaînements de plans, de changements de rythme, ce petit monde, dans une démarche exutoire, se rapprochent plus du progressif que des casquettes de baseball. En témoigne cet inaugural Shrines Through qui m'a évoqué un certain Between The Buried And Me... qui leur est postérieur. Tout comme la plupart des références auxquels je ferrai allusion durant cette chronique.

Le math metal In Reflection poursuit le repérage. Le grand point faible reste à mon sens cette voix : à la limite du caricaturale en gutural, pas très assuré en chant clair, les limites sont criantes. Dans les passages hard, imaginez Greg Puciato en mode hysterique. Les quelques incartades plus claire ressemble à s'y méprendre à un chant nu-metal d'un groupe de ton lycée. Bien que l'instrumentation l'accompagne avec beaucoup de variétés, de maîtrise et de talent. Mention super top bien à la section rythmique et surtout la basse de Chris Kincaid.

Un production assez froide, peut-être nécessaire pour laisser parler la musique sans y interférer, m'a fait craindre un manque d'émotion, masqué par cette montagne de technicité. Heureusement, Endeavor me rassurera rapidement, avec son désespoir et son énergie. Cette gestion des moments électo-acoustiques m'a fait songé à Opeth, tout comme le très bon instrumental Lament, qui me rappel par moment l'excellent album Damnation des suédois (rho, j'étais jeune).

Le groovy From Your Hands offre un peu plus de chaleur encore, tout comme A Winter's Rose et ses touches heavy, parfois djent. Le carré et monolithique Comfort et ses breaks de feux, très hardcore, torrentiel, nous claque au visage comme une gifle (encore cette basse d'amour). Oceansize, pourtant fondé la même année, ne peut-être une influence mais nous y retrouvons cependant un arrière gout dans le lumineux A New Day, tout comme dans le long prog The Broken Heart Of A Traitor qui clôture le débat, juste après l'instrumental qui donne son titre à l'album, très typé 90's (un petit quelque chose des Red Hot période Californication... ou c'est moi).

Voilà donc un bout de plastique rond étonnant ou pour le moins intéressant. Sans vouloir accabler le chanteur Doug Venable, il aurait tout à gagner de travailler à l'élargissement de ses capacités, les émotions n'en seront que plus vraies. Un son moins froid (ou plus personnel ?) serait peut-être bienvenu mais rien n'est moins sûr. Et je ne voudrais pas terminer sur des commentaires négatifs face à tel melting-pot de genre et de talents. La suite !

B+
(il n'y aucune raison de les laisser tomber)

The WRS - (2022) Capicúa

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