samedi 28 janvier 2023

Zos Kia/Coil - (1984/02) Transparent

Sur Discogs

Zos Kia serait principalement l'oeuvre de John Gosling avec la participation plus ou moins obscure de John Balance et Peter Christopherson. Donc un Coil + 1 ou un peï + Coil, on sait pas. Donc du coup, on se retrouve devant un split (1+Coil) + (Zos Kia-1) ? L'équation simplifiée : des feedbacks, des boucles, des  triturations analogiques, des nappes glauques sur cris de possédés = un album très power electronic. Mais vraiment pas que.

Sicktone est effectivement un vrai (et sympathique) morceau de power electronics, tout comme Poisons, et sa rythmique noise à la Esplendor Geometrico augmenté de quelques pointes de frénésie évoquant les sulfureux Sutcliffe Jugend. On pense également à Genocide Organ sur Baptism of Fire, très industriel. Mais derrière ce chaos, les textures sonores sont assez recherchées, dont ce Violations qui nous renvoie déjà gentiment à Scatology, le premier LP de Coil, qui sortira l'année suivante. La patte de Christopherson, bienvenue sans être envahissante, se fait sentir à plus d'un moment. Outre cette signature, on ne peut pas occulté un son assez Throbbing Gristle, évidemment, évoquant le coffret TGV, les accents british et la piètre qualité sonore facilitant l'amalgame. Il s'agit d'ailleurs de l'énorme point faible de cette galette, les prises étant presque toutes enregistrées dans des conditions live ou proches (festival, répétitions, démos), très brutes. Les titres frontaux prennent des couleurs là où les moments à ambiances perdent leurs saveurs. On frôle le bootleg et la catégorisation "album" est un scandale. Le déjà assez moyen Silence & Sorcery n'a aucune chance d'atteindre son but et c'est d'autant plus rageant sur Stealing The Words qui arrive pourtant à produire quelque chose  en racontant cette histoire marécageuse, engluée dans une acoustique douteuse.

J'ai particulièrement été interpellé par les excellents Sewn Open et Sicktone 2, qui rouleau-compressent comme du... drone metal (ouai! je sais!), avec ces noires pulsions métalliques et ses bidouillages incessants. Il y a également le très dansant On Balance, au multiple relief, très... ambiant techno (oui-oui). Et tout cela se passe en mille-neuf-cent-quatre-vingt-trois.

Et bien finalement, quand je lisais les avis relativement désastreux sur ce disque je reste assez étonné de que j'y ai découvert. C'est très varié et les comparaisons possibles sont flatteuses, surtout que certaines leur sont ultérieures. Le problème, de facto, est le manque de personnalité. Pas vraiment aidé par une ingénierie sonore quelques fois ignoble pour un enregistrement officiel et quelques pièces sympathiques, tout juste, voire carrément fades (les deux versions de Truth, longues tirades de Charles Manson, au frontière de l'emmerdement). Une collection moins marquante qu'elle n'est historique pour les fans du célèbre duo ou de la scène de l'époque, elle reste sympathique pour l'oreille tolérante et curieuse.

NB : les dernières versions CD offrent deux titres bonus de Ake, l’ancêtre de Zos Kia, sans les Coil : un No Mas très Ramleh, et un machin appelé Rape.

B-
(pas si transparent que ça)

jeudi 26 janvier 2023

Coil - (1985) Scatology



Dans la foulée de l'enregistrement de leur premier EP, le duo poursuit son travail et cisèle son premier longue durée. Dans la logique thématique de cet effort, qui sonnait comme le sous-sol de leur édifice, les britanniques se lancent cependant dans une collection de morceaux, comme autant de pièce de puzzle, ou de vie, construisant cette demeure où l'on sniffe, on baise, on pique, on se déchire, on s'entre-déchire, on s'oublie, on se dépose, on se décharge, on créé...

Cet album est saisissant, de par son approche sans compromission, ses fondements résolument modernes voire avant-gardistes et son exécution maîtrisée.
Comme l'annonce Ubu Noir, avec ses boucles triturés, indéchiffrables, absent de tout instrument, construit de samples et de bruits, soustraits, rajoutés, modifiés, modulés et transformés en musique : l'approche Industrial réminiscente d'un Throbbing Gristle (TG) n'est déjà plus une démarche mais un mode de fonctionnement. En cet absence d'attachement à toute musique savante, ils rédigent leurs propres sciences, leurs propres codes. Genesis P-Orridge soulignait que TG était les seuls punks, de par leur vrai approche "non-musicienne" et le DIY permanent, mais là où les kids pouvaient se rêver aussi (peu) virtuose que leurs idoles, et le mouvement s'en nourrissait, le niveau d'expertise affiché par un Christopherson rabaisse toute velléité d'identification. Ils n'en ont pas besoin. Balance sera cette contre-balance, ce sel humain, ce facteur x, l’élément versatile. 
Comme sur ce Panic, un vrai plaisir d'ingé son où John hurle et geint comme un malheureux, la machine l'absorbant complètement. Les rythmiques sont multiples, les contre-points une base de travail. Un véritable hymne industriel qui renvoie à des Front Line Assembly, parfois Front 242 mais surtout Skinny Puppy. L'album est d'ailleurs très martial est reflète en cela son époque (je pense à ces Aqua Regis et Solar Lodge qui partagent leur sonorités avec celle des contemporains Einsturzende Neubauten). Ce somptueux Restless Day, à l'instru tendue et à la mélodie vocale de comptine, le tout saupoudré des bruitisme malsain au feeling neo-folk. Difficile d'imaginer qu'approximativement toute la scène industrielle des années 80 et 90 n'ai pas été influencé dans la plastique, la rythmique, les sons et la structure de morceaux comme ceux-ci.

L'ambiant At The Heart Of It All, dont les moments de recueillement se voient striés de longues complaintes electroniques stridentes et de quelques notes de piano spleen nous pose la question : est-ce au cœur de l'enfer que celui-ci est le plus calme ? Un de ces morceaux qui raconte une histoire au même titre que l'interlude Clap, halletant, ou l'entraînant GODHEAD = DEATHEAD.

S'il faut chercher la bête, on trouve toujours, la prestation de John montre très vite et clairement ses limites techniques, sans compromettre son intégrité et son authenticité mais la limitant cruellement. Sur le pourtant très intéressant Tenderness Of Wolves, son chant suintant la dépravation en deviendrait caricatural s'il n'était subtilement couplé à cette rythmique assommante, ces cris d'enfants et ses nappes humides. Même constat sur le schizophrénique et maladif The Spoiler qui, en outre, sans être raté, souffre de sa rythmique frénétique. Cherchant une musique rituelle et spirituellement stimulante, le groupe n'aide pas vraiment son album en y appliquant avec une telle assiduité des structures répétitives, qui peuvent sembler redondantes. 

Le disque se termine originellement sur une autre belle histoire, le solennel Cathedral In Flames. Certaines versions rajoutent l'excellente et cultissime reprise grave et lourde de Tainted Love de Cold Cell (et son clip dingue). Un morceau d'histoire se referme ainsi qu'un grand moment de musique. Un premier LP encore fragile, parfois rattrapé par ses intentions et convictions mais dégageant une vraie personnalité et une sensibilité propre, servant de terreaux fertile à tant d'esprits créatifs ultérieurs. Absolument fascinant.

A-
(y a un cul sur la pochette, lol)

mercredi 25 janvier 2023

Coil - (1984) How To Destroy Angels EP



Dans les braises encore chaudes du feu follet Throbbing Gristle, l'entité Psychic TV entretien une chaleur somme toute relative. Deux personnalité des plus marginales s'y rencontrent et, voulant se consumer artistiquement, humainement et physiquement de leur propres flemmes, ils s'en vont peindre les murs de leur garçonnière particulière des couleurs qui leur siéent le mieux. Après les tribulations power electronics mystiques de Zos Kia, à plusieurs, John et Peter se recentrent, Coil naît.

Un premier EP 12" est monté assez rapidement, How To Destroy Angels. Gravé d'une seule face sur certaine édition, parfois couplé avec du bruit blanc ou autres joyeusetés inaudibles sur d'autres, le disque contient un seul et unique morceau dark ambiant. Sur la pochette, on parle de "musique rituelle pour l'accumulation d'énergie sexuelle masculine", ce qui est assez intéressant car je ne trouve la musique ni franchement ritual ambiant, ni franchement sexy, même si ce sous-titre évoque déjà toute l'imagerie Coil à venir : sexe, drogue, homosexualité, occultisme, numérologie,... S'ensuit un long texte éclairants les desseins de l'oeuvre, hommage au dieu Mars. Par la suite, le duo ne sera pas toujours aussi loquace et préférera les sous-entendus et le symbolisme, ouvrant une autoroute aux interprétations (parfois fantaisistes).

Durant ces presque 17 minutes, l'EP déploie des nappes elliptiques de clavier, à la fois froides et horriblement vivantes, solennelles et vicieuses, augmenté de percussions métalliques (au sens propre) comme autant d'objets de torture (ou de plaisir). Profondément mystérieux et inquiétant, la galette se veut également très riche, les différents sons et effets s'égrainant en abondance, tout en gardant une cohérence, ne formant qu'une seule et même pièce. Définitivement, aucun instrument n'aura été maltraité ni trituré durant l'enregistrement de ce disque, tout étant de synthétique et de sample, persistant dans cette idéologie industrial séminale. Le travail et le retravail sur le son n'atteint pas encore des sommets mais reste plus que raffiné pour une ambiance malsaine, claustrophobe, suintante.

Un premier effort concluant, très court, qui laisse un peu sur sa faim, qui ne révolutionnera pas le genre, peut-être trop froid et pas assez organique, mais dont il est difficile ne pas y deviner l'impacte dans la matière des futurs maîtres (Lustmord, évidemment, Nodvargr ou autre Akira Yamaoka). La bande son d'Hostel s'il avait été un bon film, d'un Silent Hill sado-maso ou d'Hellraiser... ah, ça, ça sera pour plus tard.

B
for maximum potency it should only be played in circumstances that are exclusively male and/or onanistic in nature

samedi 21 janvier 2023

melvins - (1991) Bullhead


Avec ce nouvel opus, les Melvins clôturent ce que je me permet d'appeler leur trilogie de béton : du lourd béton gris, celui qui macule le mur humides des caves. Les trois de Washington poursuive sur la même voie thématique en aiguisant le style, poursuivant leur lente mutation. Les morceaux se structurent de manière plus conventionnelle mais sans perdre en essence, moulant plus de formes à ce marasme punk. Les hostilités s'ouvrent sur Boris, la quintessence du melvinisme, tellement doom, aux riffs imparables. Huit minutes de tube sludge. La torrent de décibels se poursuit sur Anaconda Buzzo beugle comme un rageux avant de tendre la corde sur Ligature, prette à craquer. 

L'album, charnière, incarne la mémoire du passé, un instantané de l'instant et les prémisses du futur. Le plus stoner du trio à ce jour, tel ce If I Had An Exorcism, dégoulinant, qui s'échoue presque en drone ou Your Blessened, incandescent, sur lequel ils prennent de la hauteur et flottent dans le désert spatial. La galette poursuis la mission débutée sur son prédécesseur et ouvre les portes au grundge naissant (et l'arrivée d'un certain Houdini) avec It's Shoved. La basse de Tori Black groove sur ce titre post-hardcore,  mais résolument alternatif et rock'n'roll. 

Pour claquer définitivement leur premier chef-d'oeuvre, ils nous achèvent sur le heavy et urgent Zodiac et le furieux rodéo Cow dont l'outro en solo de batterie de 2 minutes, bien lourd, nous drague avec un de leur plus beaux atouts, le feeling de Crover, comme le déhanché d'une vieille pute. Ah ! Les salauds...

A
(chez Boris, c'est soirée disco)

jeudi 19 janvier 2023

Orelsan - (2009) Perdu D'Avance



Le Grand Jacques disait qu'Orly était triste le dimanche mais c'est probablement à Caen qu'on doit se faire le plus chier. Aurélien n'est pas encore Orelsan mais avec son petit groupe d'affociniados de hip-hop, ils écrivent et jouent dans leur coin. Le mec a 25 ans quand il publie sur MySpace ses premiers titres Ramen, Saint-Valentin, Sale Pute,... Second degré total mais flow imparable, lyrics grossières mais soignées, l'intérêt musical reste douteux, peu aidé par une production DIY. Nourris par la culture geek d'une époque où elle est encore une insulte, l'enfant des années 90 transpire toutes ses influences. Il continue à s'amuser (et sort, autre autre, un slam de Batman - ah si) et fini par lâcher le titre Changement, autrement plus sérieux à tout point de vue. Enfin repéré, il empile pour un premier album, Perdu D'Avance.

Largement influencé par le rap old school, l'album sera le plus "hardcore" (lol) de toute sa discographie. En atteste la première pièce Etoiles Invisibles et sa boucle de piano samplée mais, bien sûr, son refrain très pop. Seul morceau préservé de ses vertes années, Changement et son refrain imparable, au beat plombé qui contraste avec ce rap rapide (un peu comme l’exécutait un Nonstop) se montre sous des parures et arrangements bien plus affriolants. L'ensemble de l'album est d'ailleurs une vraie réussite dans sa production pure, l'ami Skread n'étant pas le dernier venu dans le milieu (je ne suis pas wikipedia).

Le niveau des textes est déjà un cran au dessus. Pas tant thématiquement, car le français, plein de spontanéité, nous y dépose sa jeunesse, sa ville, ses soirées, ses amis, ses déboires amoureux, le tout saupoudré de références à la pop culture du Club Do' et d'un maximum de punchlines vulgaires (car ça les puncher). Les déclas machistes (Pour Le Pire) répondent au trips égocentriques (Logo Dans Le Ciel, facile mais très bien ficelés littérairement), façonnant cette image gagnante de looser magnifique au syndrôme de Peter Pan. Le véritable talent du jeune homme repose sur sa plume pure, son flow savant, ses trouvailles d'écritures ingénieuses ou ses jeux de mots facétieux. Il serait d’ailleurs aisé d'omettre complètement la musique lors de l'écoute tant il y a de choses dites avec la manière. La composition, sur l'ensemble du disque, semble facile mais pas sans intérêt. Outre l’efficience des refrains entêtants, des arpèges du très 80's Perdu D'Avance ou encore du son Snoopo-doggo-Dr. Dre d'Entre Le Bien Et Le Mal on peut noter la sombre nappe de clavier sur No Life, la french touch d'une Soirées Ratées ou le presque chip tune 50 Pourcents.

On parle de ce débat autour d'Eminem ? Il n'y a pas : la comparaison est évidente. Rappeur blanc sur musique de renoi pour publique blanc. Maîtrise indécente du verbe et du débit. Second degré. Amour du hip-hop (l'instru Gangstarr d'un Courez, Courez) sur refrain de pop (mais sans pour autant leur dire stop à base de popopopop). Elle est évidente mais elle s'arrête là : les univers sont différents, l'époque mais la sensibilité également. 
Voilà un premier effort réussi, non sans quelques facilités ou gimmicks, varié et spontané, qui manque parfois de caractère mais pas de personnalité, ni d'humour slice of life. Plus qu'à espérer que le canais affine son propos et sa musique pour moins puérilités et de grivoiseries racoleuses. Heureusement, l'histoire prouvera qu'il se bonifie avec le temps comme une bonne huit-six.

B
(j'sais pas qui c'est ton rappeur préféré mais sache qu'il est meilleur que lui)

lundi 16 janvier 2023

Noir Désir - (2022) Comme Elle Vient



Que faire de cet LP ? 20 ans après la fin de cette tournée mythique, 17 depuis le En public qui le deviendra bien vite, tout comme son DVD compagnon En Image ? Barclay cherche dans le fond de ses tiroirs quelque chose à se remettre sous la dents, puisqu'ils n'ont pas omis de laisser retomber les grands vents des anciennes tempêtes. En soi, on a toute les raisons de dire merci après l'intéressant Débranché et l'indispensable Elysée Montmartre 91 sortis dernièrement. Mais tendez l'oreille, ce concert vous sera peut-être familier, pas uniquement car une autre galette de la tournée est déjà sortie, mais bien car le son est celui du concert intégral du disque vidéo su-mentionné : le live à Evry de 2002, une des ultimes dates de l'ère Des Images, Des Figures. Un concert à l'image de la tournée : incroyable, s'il faut le dire, aux ambiances profondes et subtiles.

D'un point de vue  technique, le son est presque parfait. On peine à croire à un enregistrement en direct outre l’interprétation. On note un mixage qui fait la part belle aux ambiance et instrumentations, la voix de Cantat étant plus en retrait et le public ne faisant que de brèves apparitions. Après cette longue tournée, le groupe est rodé, à son sommet artistique, le moindre arrangements, comme autant de friandises, sont éprouvés et leurs morceaux apparaissent tel leur état définitifs. De facto, la mosaïque que forment les morceaux est plus profonde mais moins énergique, moins hargneuse. C'est très bien aussi.

L’exécution est habitée, comme toujours, fumeuse, en témoigne cet éternellement magnifique Si Rien Ne Bouge. L’exalté Les Ecorchés répond à un Pyromane, tout en mesure, en émotions et contrastes. Septembre En Attendant se métamorphose en jam atmosphérique, plus Led Zep que jamais, sans oublié l'odeur de poudre d'un One Trip One Noise, qui n'aura jamais été aussi hallucinatoire et brouillant. Jusqu'au bouquet final, tout ce qu'il faut est là.

Mais... Avait-on vraiment besoin de ce disque ? Alors que cette tournée fut presque enregistrée sur toute ses dates ? Qu'il existe sûrement des prises pro d'une poireauté de gigs inédits ? On attend toujours une chute de la tournée 666.667 Club... Que faire de cet LP ? Le (ré-)écouter ? OUI, ne nous privons pas de belle chose. Le (r)acheter ? Mais plutôt crever.

Et donc :
comme dans Artistiquement : A
comme dans Démarche : D
(Quand on vivait mieuxIl y avait Paul et Mickey on pouvait discuterMais c'est Mickey qui a gagné)

dimanche 1 janvier 2023

Fripp & Eno - (1973) (No Pussyfooting)

Sur Discogs


Il n'a pas encore commencer de carrière solo qu'il avait déjà enregistré un album. Roxy Music bat le fer, il est chaud ; Brian s'en va Enoïsé dans son coin avec la participation du camarade Robert  Fripp. Le terrain de jeu ? Un principe tellement simple : des nappes de claviers générées plus ou moins automatiquement sous les programmations fantaisistes d'Eno, tandis que Bebert triture sa guitare, fait jaillir des arpèges vers les abîmes d'une autre dimension. Normal.

Et la (non-)musique dans tout ça, outre ces considérations d'ingé-sons? Le LP se divisent en deux morceaux, chacun remplissant une face. La première se voit scionnée d'un long titre, entre organique et mécanique, du doux nom The Heavenly Music Corporation. Le légendaire guitariste appose avec parcimonie quelques jets de sa "Frippertronics" sur un mur de gris, quelque chose entre les cris primaux des profondeurs hadales et les conversations astrales. Probablement la première option, car la seconde face, pour un autre visage au travers des miroirs, Swastika Girls, cette spirale ascendante, nous emmène vers un autre endroit. Qu'importe la destination : le voyage, tout ça... 
Le contraste entre la machine et l'humain, entre le froid du néant et le réconfort d'une voix, est touchant.

Ce qui est intéressant sur cette galette, c'est que dès ce premier manifeste des théories musicales d'Eno (minimalisme, musique auto-générés, programmation plutôt qu’exécution,...) le résultat est plus que concluant et, mieux, l'émotion est présente. Cependant, il n'a pas encore atteint l'apex de sa pensée et la patte (Frippienne) de l'humain (mais est-il vraiment humain ?) est omniprésente. Ses questions resteront donc encore en suspens. Mais ne s'annulent-elles pas quand on les pose ? Qu'importe les moyens, la fin les justifieront toujours...

A-
(no pussy-shitting)


The WRS - (2022) Capicúa

Sur Discogs Si tu sors plus de deux albums, en Belgique, t'es obligé d'avoir une couv' d' Elzo ( Le Prince Harry, My Dilige...